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Le Verbe - Le Logos - Le Calame - Fiat Lux

Publié le par Larménius

Le Verbe - Le Logos - Le Calame - Fiat Lux

Mystère des mystères, le Verbe est au commencement "avec Dieu" il est au commencement "Dieu" lui-même. Le Verbe pose la question de l'homme et la question de Dieu. Il pose également la question de la raison, et celui de la sophia, la Sagesse.

Dans un monde où la raison pure est battue en brèche, l'entendement n'est pas à même de parvenir à des réponses définitives sur le sens de l'existence, il ne peut rien démontrer des finalités; il ne peut voyager dans le temps, il ne peut percevoir ce qui habite les consciences.

L'entendement ne permet que d'accéder à une partie réduite des informations de l'univers, par le prisme du point de vue. Ce point de vue est façonné par les conditions d'existence de la personne qui en est le sujet. De sorte que la diversité des croyances est possible, dans le temps et dans l'espace.

De plus, la conscience est sujette à l'ego, qui va vouloir nous assurer notre gloire personnelle, sous une forme ou une autre. De cette sorte, nous sommes sujets à l'illusion. Illusion sur le sens de l'existence, sur la raison d'être des évènements et des situations de la réalité.

Le Logos est la manifestation intemporelle du divin, il apparaît dans la conscience selon l'entendement de la personne qui la reçoit. Il échappe à toutes les distinctions car il est le pouvoir de distinguer, et s'annonce toujours contextuel. Il vise à nettoyer le discours pour faire émerger la Vérité, une Vérité universelle et intime, réponse à une situation contextuelle.

Le Verbe - Le Logos - Le Calame - Fiat Lux

Au commencement, et In Principio de toute expérience de la conscience, nous faisons face au Tohu Bohu, au chaos, autrement dit à l'absence ontologique de signification de toute chose.

Ontologiquement, nous dit la bible, l'univers, la vie, la conscience, sont vides de sens, de but, de forme. La materia prima est en désordre, elle s'agite dans une absence totale de portée, elle s'oppose à la Réalisation. Tel est l'état ontologique de toute chose, tels sont les objets tels qu'en eux-mêmes.

Le Verbe intervient alors: "Fiat Lux", comme dit la bible; "Kun Fa Yakun" comme dis le coran.

Les objets sont alors ordonnés selon une nature, les formes prennent place. L'esprit de distinction devient alors séparé de la déité en ce qu'il va s'éloigner de l'unité pour désigner une supposée "contre-nature": toute chose qui appartient à l'ordre du possible appartient au domaine du créé, et si elle est moralement réprouvable, ce n'est qu'à l'aune d'un critère de sacralité, autrement dit de tabou.

Alors, se manifeste la dualité. Il y a l'en-Haut et l'en-Bas, le Naos et le profane. Le Logos ordonne en déterminant le bon, le beau, l'utile, et en le séparant de l'ivraie. Par mansuétude, il considérera également l'intermédiaire. Mais il établira une polarité, sollicitant un comportement polarisé. Celui qui distingue, quel est-il? C'est le Logos, et il est en germe en chacun.

Il faut comprendre la faculté sainte prophétique comme potentielle en tout homme, et n'étant révélée à lui que par les circonstances, l'Appel.

Le Verbe est Premier Emané, comme le dis Suhravardî. Il est l'être véritable , l'essence de l'insan kamila: l'Homme Parfait, archétype du réalisé porteur de parole, esprit de prophétie, messie.

Le Verbe - Le Logos - Le Calame - Fiat Lux

Généralement cet appel se trouvera manifesté par une Vocation, c'est à dire une mission personnelle. On pourrait la qualifier de "pulsion divine".C'est dire par là simplement que Dieu veut pour nous une chose, et qu'il nous met en chemin par son Envoi.

Le Logos, pris à son propre jeu, peut devenir Séparateur, autrement dit, c'est par son action qu'il engendre une part séparée en lui du Divin, le Satan. N'est jamais satanique que ce qui est privé du bénéfice de l'amour porté; amour qui devrait se porter sur l'Etant dans son ensemble, mais que l'ordonnancement de la conscience se refuse à intégrer. C'est par ce rejet que la chose reviendra dans la conscience comme une douleur persistante, puis comme une conscience traumatique, puis comme une tentation: il est plus facile de vivre ce qui nous est relié et auquel nous cédons en lâchant prise, dans la non-pensée, que ce que nous entretenons comme une faute, un échec, voire une corruption.

Mais si cela est dans la nature, c'est que l'entendement suprême lui a donné une fonction. C'est bien souvent le désir d'une nature bienveillante qui est remis en cause par l'existence de certaines des réalités auxquelles nous sommes confrontés. Ou bien, plus prosaïquement, c'est notre notion du beau qui est interrogée par la nature, manifestant des choses que nous sommes appelés à refuser pour nous-même, par souci d'équilibre pour notre condition. Ainsi agit la compassion.

Le Verbe - Le Logos - Le Calame - Fiat Lux

Dès lors commence la lutte de Michaël contre le Dragon, la roue des polarités. Nous sommes en guerre contre une partie de nos possibles qui cherche à s'accomplir. En circonstances de toute-puissance, il serait envisageable de céder sans rien perdre par là-même, mais telle n'est pas la condition de l'homme. Aussi le Dragon est-il une menace pour notre sociabilité, pour notre relation aux autres et -par l'importance de la question morale pour le moral- pour nous-même.

Où donc sont données les clefs qui permettent la paix ultime, la Jérusalem Céleste?

Car l'homme est pris dans un jeu entre assouvissement et jugement du Logos. Où bien il connaitra une guidance personnelle qui lui permettra de résoudre les oppositions ainsi nées de la polarité, ou bien il se vivra comme damné, ou renoncera au sens et donc à la foi.

Nombreux sont ceux qui vivent comme des bêtes, leurs actes n'étant que singeries interminables, mues par ce que d'autres veulent pour eux. Qu'il est dur de suivre la déité qui gît au fond de son propre coeur! Lorsque le Logos devient une aliénation, il n'est plus que la coquille qui doit éclater pour laisser paraître les eaux de l'indéterminé, et procéder comme auparavant, un nouveau Verbe doit paraître, une nouvelle guidance, et tel est précisement le but de la prière.

Bien entendu, elle ne peut trouver de réponse salvatrice sans l'appui de la méditation.

"Fiat Lux"!

Le Verbe - Le Logos - Le Calame - Fiat Lux

Certains supposeront l'existence de synchronicités permettant à la conscience de répondre à ses dilemnes: les conditions de l'existence, les symboles, les rencontres semblent s'aligner pour se rendre interprétables et donner la direction à suivre. Dès lors on usera de toutes sortes de supports pour forcer la synchronicité à se manifester, mais ce sont là des outils qui nous révèlent un instant court: les mancies. Celles-ci dévoilent notre conscience profonde et ce qui y gît selon des repères cognitifs propres, des mèmes spécifiques à la mancie. Selon notre rapport à ces mèmes, nous ouvrons des possibilités d'interprétation. L'usage veut pourtant que l'on se réfère plutôt à des tenants de légitimité pour se déterminer: détenteurs d'un ministère spirituel, conseillers, texte sacré...

C'est pourtant la conscience qui doit trouver ses réponses, d'où l'utilité de la laisser cheminer directement par le rêve. L'oracle est un processus complexe qui peut aboutir à une distance vis-à-vis des réponses que l'intuition apporte, pour rendre grâce à la raison; ce qui importe est la sagesse, c'est à dire le maintien d'une approche qui préserve l'âme de se perdre dans le dédale des reproches. La sophia est le guide suprême, elle n'oriente que vers ce qui amène l'âme à la paix, dans les circonstances.

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