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Le Sacre, comparaison Assurnazirpal - Ardashir

Publié le par Fabien Maisonneuve

Ceci est la bénédiction d'Assurnazirpal (roi assyrien) par les génies tutellaires (-883 avant J.-C.)

Ceci est la bénédiction d'Assurnazirpal (roi assyrien) par les génies tutellaires (-883 avant J.-C.)

Ceci est l'investiture d'Ardashir, roi sassanide (224 après J.-C.)

Ceci est l'investiture d'Ardashir, roi sassanide (224 après J.-C.)

L'investiture d'Ardashir est un simple thème classique. Les shahenshah perses sassanides aimaient à se faire représenter recevant la fravarti des mains d'Ahura Mazda. Il est cependant l'initiateur de cette tradition. Ardashir est peut-être le plus souvent représenté parmi tous les rois sassanides dont il reste la trace au grand moyen-orient.

Remarquons qu'il est possible d'établir un parallèle avec la cérémonie de bénédiction du pouvoir d'Assurnazirpal, qui lui aussi reçoit des cieux le signe de son pouvoir, de sa puissance sociale. Il est important pour le roi de se rappeler de la faveur dont il est le tenant. De fait, le bas-relief fut trouvé dans son palais. Peu de traces des représentations assyriennes, achéménides, parthes et sassanides qui aient réchappé aux guerres et à l'anathème. Les égyptiens doivent la survie de leur patrimoine mystique au terrible tabou qui entoure les tombes.

Nous pourrions postuler une tradition de représentation du "sacre", le mot lui-même est plein de sens encore aujourd'hui, car il fait référence au sacré. Etablir avec certitude une idée commune, traversant le temps et les civilisations autour du principe du sacre ne nous est pas permis à cause des traces fragmentaires dont nous disposons. Mais l'hypothèse d'une recrudescence du principe de sacre semble à minima défendable.

Le sacre est l'investiture divine des élites dirigeante, résumées au monarque. C'est l'expression d'une inégalité de droit divin. Le sacre est la traduction d'une morale de l'inégalité. Avant les saints, il y avait les rois. Et les rois tiennent leur droit sur les hommes des dieux. On retrouvera ces notions dans le coran, preuve sans doute de leur popularité dans le grand moyen-orient. Il faut donc envisager que le politique ait toujours fait le tri dans les traditions pour s'assurer, se garantir, la perpétuation du pouvoir et des droits supérieurs.

Ces représentations permettent de comprendre tout à la fois l'existence d'une ingénierie sociale, et d'une matrice éducationnelle des élites comme éléments essentiels de la doctrine dite de "la tradition primordiale", c'est à dire des anciennes civilisations. C'est à dire que déjà, on façonne la croyance pour des besoins sociétaux, et on structure les esprits pour obéir ou commander à la dynamique du pouvoir.

SOURCES: "Des Dieux de l'Ancien Iran aux Saints du Bouddhisme, du Christianisme et de l'Islam" Paul Du Breuil, Dervy Livres.

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