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Une brève histoire de la Fravarti ou Esprit Saint - Le Rôle de Nemrod

Publié le par Fabien Maisonneuve

Le roi Nemrod est connu de la littérature biblique comme le premier héros et le premier roi après le Déluge. Mais Nemrod s'avère être initialement la cité du roi Assyrien Assurnasirpal. bâti entre 883 et 859 avant J.-C. Pour l'étymologie, on hésite entre Méred (hébreu), "se rebeller" et Nimr (arabe), "Tigre". Il faudrait encore chercher en langue assyrienne. Regardons ensemble quelques représentations spectaculaires de cette période.

Le palais de Nemrod ou Nimrûd, aujourd'hui appelé Kalkhu, contient de nombreuses représentations de génies ailés, ancêtres des anges gardiens. Je vous propose de comparer ces représentations à la Stèle de Cyrus.

Génies Ailées assyriens du Palais d'Assurnasirpal à Nemrod (Kalkhu)
Génies Ailées assyriens du Palais d'Assurnasirpal à Nemrod (Kalkhu)Génies Ailées assyriens du Palais d'Assurnasirpal à Nemrod (Kalkhu)Génies Ailées assyriens du Palais d'Assurnasirpal à Nemrod (Kalkhu)

Génies Ailées assyriens du Palais d'Assurnasirpal à Nemrod (Kalkhu)

Certains de ces génies sont également représentés avec une tête d'oiseau, assez semblable en définitive au dieu Horus des égyptiens, mais toujours ces ailes, par paires ou double-paires. Le génie semble bénir de son geste, dispenser de l'eau ou de l'huile d'un seau par l'entremise d'une sorte de pomme de pin. C'est un geste qui rappelle les semailles.

Singulière façon d'occuper les mains de ces génies tutélaires! On reconnait bien cette bénédiction du pouvoir assyrien, sans vrai rite d'investiture comme plus tard chez les sassanides, mais bénédiction tout de même pour le pouvoir. L'esprit-oiseau descend sur le roi et fertilise le pays. Ce n'est pas sans rapport là aussi avec le rôle que joue Horus dans la littérature hiéroglyphique, du moins vis à vis de pharaon, dont il est l'esprit tutélaire. Faut-il rappeler que Ménès, le tout premier pharaon, porte même le nom d'Horus sur certains récits égyptiens?

Nous avons dans le bas-relief suivant une singulière illustration. Le roi Assurnasirpal reçoit la bénédiction d'un esprit-oiseau ailé, avec cette fameuse pomme de pin.

Il semble que le rite soit bien ancré dans une logique similaire à l'Intronisation des rois des rois mazdéens, bien que les assyriens vénéraient Assur, un dieu national. Mais déjà, ce roi a besoin de la bénédiction de ces génies ailés, de ces esprit-oiseaux, que l'on peut appeler un peu par anticipation conceptuelle la Fravarti du roi, comme sera qualifiée la force protectrice des souverains perses.

Assurnasirpal II recevant la Fravarti sous la forme d'un génie ailé à tête d'oiseau.

Assurnasirpal II recevant la Fravarti sous la forme d'un génie ailé à tête d'oiseau.

Ceci augure que dans la Mésopotamie, s'opère une continuité de croyance envers la force électrice des rois, céleste, le droit divin du pouvoir. Ce don d'Horus ou d'Ahura Mazda, ou encore d'Assur, est la grâce du règne. Il prend les traits d'un esprit-oiseau, et a pris historiquement le nom de fravarti.

Mais n'est-ce pas également vrai que le concept de la fravarti a été qualifié par les traducteurs d'Esprit Saint? Et comment ne pas faire un parallèle avec la scène de Jésus au Jourdain recevant l'esprit saint (représenté sous la forme d'un oiseau) au début de son ministère, lorsqu'il est baptisé par son cousin Jean (Yohannan, Yahya)? Ainsi constitué messie, bien au sens de roi, il dispense sa bénédiction sur les hommes et les guérie, les sauve, amenant le Royaume (voir mon article sur la Spenta Armaiti). Jésus a alors une attache à la tradition proprement mésopotamienne des shahenshah (roi des rois), ce qui rejoins le fait que Jean l'Evangéliste, dans son Apocalypse, le seul accrédité par les Conciles romains, présente Jésus comme textuellement le Roi des Rois.

Il est formidable que Nemrod, premier roi après le Déluge, nous livre dans son historicité réelle les clefs iconographiques du symbole de l'Esprit Saint, et qu'il est convenu d'appeler en Mésopotamie de son "vrai nom", la Fravarti.

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